L'ÉDITION 2010

ONE+ONE art + rock – Carte blanche à Bertrand Kelle

Évènement du 7 au 9 mai 2010

Horaires d’ouverture de l’exposition : samedi 8 mai de 10h à 22h et dimanche 9 mai de 12h à 18h

Association Barbatruc, 4 rue des bleuets, 21600 Longvic

Bertrand Kelle

L’artiste, le rockeur et le bouffon...

Dès les années 90, Bertrand Kelle utilise invariablement la peinture, la photographie ou la vidéo, développant un univers plastique teinté de Pop… et de rock. Ses auto-filmages, autoportraits bouffons et régressifs, ouvrent la voie aux performances… Trash, violentes et très physiques (citant pèle mêle l’actionnisme viennois ou Iggy Pop), les premières performances se jouent toujours en compagnie de musiciens de rock complices. Résidant alors à Troyes, il expose et performe régulièrement à « la Gouttière » (haut lieu de l’underground local) accompagné du groupe de noisy pop Headache. C’est à cette époque qu’il développe la série photographique des « Peaux Sensibles », images de visages ou de corps scarifiés inaugurant le grattage sur négatif, en écho à la chirurgie esthétique comme aux différentes pratiques corporelles néo tribales (tatouage, piercing, scarification…). Suivra ensuite à l’orée des années 2000 le cycle du chewing gum et son lot d’activités infantiles et parfois grotesques ; drippings de chewing gums, monochromes en chewing gums, sculptures en chewing gums, objets recouverts de chewing gums, apologies d’une nouvelle forme de kitsch et bien sûr, performances solo ou collectives érigeant la mastication au rang des Beaux-arts. Dès lors les références ou les emprunts à l’univers du rock vont contaminer de façon frontale et décomplexée son univers artistique. C’est à Dijon, où il s’installe en 2004, qu’il entame parallèlement la série photographique des « Jolies choses » où des pochettes de disques agrandies sont physiquement agressées, rejouant symboliquement la violence auto destructrice du rock, et la série picturale des « Circles », toiles épaisses aux motifs circulaires criblés de badges, pins ou médailles en écho au fétichisme exacerbé des tribus du rock.

« Pour moi le passage instinctif à la performance s’est imposé comme alternative au show rock’n’roll et surtout comme la possibilité d’établir une jonction naturelle et organique entre les deux univers, l’art et le rock… Au delà de certaines affinités esthétiques et des pochettes de disques, au delà du décorum et du folklore, il sera surtout question de performances, live énergie et poésie électrique… » (Bertrand Kelle)

Programme

Vendredi 7 mai 2010

17h30 : Show case au Forum de la FNAC avec le « la la la crew », déambulation chantante, annonce en chansons de l’évènement par Bertrand Kelle, Isabelle Bryard et Lionel Magal dit « Foxx ».

19h : Vernissage de l’exposition « rock, my religion » au local de Barbatruc.

Artistes : Bertrand Kelle, Joël Hubaut, Lydie Jean-Dit-Panel, Léa Le Bricomte, Fabien Lédé, Arnaud Labelle Rojoux, Steven Parrino, Olivier Mosset, Bernard Aubertin, Nadine Monnin. L’atelier sera tapissé d’aluminium et de boîtes d’œufs et meublé d’un comptoir de bar pour servir les bières… la salle d’exposition sera meublée de tables de bar, banquettes, sièges de voitures, tapis « Fun House » et comprendra un coin « podium » avec vidéo projection… La convivialité sera de rigueur, ambiance bar à bières conseillée…

20h : Soirée débat autour des relations art, rock et performances. Retransmission sur Radio Campus.

Intervenants :
Michel Rose alias Buddy Chessman (auteur d’un ouvrage sur les pionniers du rock et spécialiste de Marcel Duchamp), Vincent Pécoil (critique d’art, auteur de « Prières américaines », série d’entretiens avec des acteurs essentiels de la scène américaine : Kim Gordon, Mike Kelley, John Miller, Christian Marclay… et responsable de la galerie triple V à Dijon), Lionel Magal alias Foxx (ex chanteur du groupe psychédélique « Crium Delirium » et fondateur avec Jean-François Bizot de Radio Nova), Hervé Scavone (bassiste du groupe cold wave « Norma Loy »). Modérateur : Gérard Odasso

Soirée débat autour des relations art, rock et performances
Samedi 8 mai 2010

13h : Apéro Pancarte
Pique nique au local de Barbatruc. Atelier chorale et fabrication de pancartes « no fun », atelier ouvert à tous les volontaires. Il s’agira de fabriquer des pancartes (tasseaux, cartons) sur lesquelles seront écrits des slogans tirés de chansons rock inspirées, le tout dans une ambiance bon enfant et conviviale. Répétition avec le « la la la crew », chorale pop formée par les membres de l’association Sabotage (comptant en son sein des musiciens dijonnais comme Jaromil) et qui investit l’espace publique de façon impromptue…

Apéro Pancarte

16h : Manifestation chantante et décalée rue de la Liberté, avec tous les joyeux volontaires et leur pancarte et la participation active du « la la la crew » ; aboiements de rigueur...

19h : Soirée performance et karaoké au local de Barbatruc

Performance « je veux être ton chien reloaded » de Bertrand Kelle, guest : Léa Le Bricomte.
Grand karaoké « je veux être ton chien » ouvert à tous les amateurs de 7 à 77 ans ; Ambiance rock’n’roll et bières pour un karaoké « stoogien » au cours duquel les candidats devront chanter « I wanna be your dog » en français accompagnés du groupe garage « I love the barmaid »… La meilleure prestation sera récompensée d’une œuvre originale « One + One, art + rock »
Projection de la vidéo « je veux être ton chien » de Bertrand Kelle.

21h30 : concerts au Deep Inside avec I Love the Barmaid et Skarekrows. Performance « I wanna be ton chien », Bertrand Kelle + Skarekrows

L’ exposition « Rock my Religion »

Rock my Religion

L’ exposition « Rock my Religion »

Bertrand Kelle présentera des pièces issues de la série “Circles” et la pièce “Stooges” de la série “les Jolies choses”.

Joël Hubaut

Le travail de l’artiste français Joël Hubaut est marqué par la prolifération et le mixage. Multiplicité des supports : peinture, installations, collages, objets, mais aussi performances, musique, vidéo, action… Son travail est marqué du sceau de l’épidémie qu’il a débutée en 1970, et dans laquelle on peut voir son désir que l’art contamine la réalité toute entière. Hubaut se livre souvent aussi à d’incessantes et intempestives relectures de l’histoire de l’art et débusque partout pour le pulvériser l’esprit de sérieux et de suffisance. À travers tous les modes d’expression, son art envahit et prolifère tellle une épidémie de peste qui s’étendrait sur le monde entier : c’est le désir le plus cher de l’artiste qui rêve de répandre l’art dans chaque instant de la vie. Il qualifie lui-même son travail d’Epidemik « Pets Modrené ». Par cette volonté de contaminer, il interroge notre société et son art au travers d’installations et de manœuvres qui peuvent tourner à la dérision voire à la parodie…

Lydie Jean-Dit-Pannel

Née en France en 1968, Lydie Jean-Dit-Pannel est une artiste en mouvement. Depuis toujours les projets de Lydie Jean-Dit-Pannel sont au long cours : le work in progress vidéo « Le panlogon », le film « y’a pas d’heure pour vivre » avec Joël Hubaut, l’installation « Lovehate », le projet « Alive. » sur facebook, le travail sur le tatouage/image et le voyage « Mes encres la collection « . Rien ne peut arrêter Jean-Dit-Panel si ce n’est une immense aiguille qui la fige comme pièce de collection, aux côtés de milliers de choses qui constituent son œuvre. Et cette démarche qui consiste à rassembler l’intime, le secret, l’exotique et l’ailleurs, confère une dimension inépuisable, « increvable » à cette artiste, chez qui tout prend forme sous le signe du renouvellement…

Léa Le Bricomte

Artiste dancefloor pour escargots, guitariste expérimentale, membre fondateur d’Alias Black Market, Léa Le Bricomte est une jeune performeuse née en 1987. Elle vit et travaille à Dijon et Caen, elle collabore régulièrement avec Joël Hubaut. Dans ses performances, elle utilise l’escargot pour métamorphoser son corps « en paysage vibrant pour escargots-tumeurs ». Le changement de point de vue produit un glissement et révèle la vitesse réelle de l’escargot. Léa Le Bricomte est à la recherche du temps juste.

Arnaud Label Rojoux

Arnaud Labelle-Rojoux que l’on décrit volontiers comme le fils spirituel de Marcel Duchamp se distingue aussi bien comme plasticien que performeur et essayiste. Il questionne inlassablement, et avec une jubilation évidente, l’art et ses limites. Ne se prenant pas au sérieux, l’œuvre facétieuse et référentielle remet en cause nos considérations ordinaires sur la vie, la culture, le beau. Il nous invite à regarder l’art avec un œil curieux, drôle, décomplexé.

Steven Parrino The No Title Painting, 2003, collection FRAC Bourgogne

Steven Parrino appartient à la génération des artistes new-yorkais qui n’ont pas d’état d’âme quant à la distinction entre low et high culture. Ils ont grandi dans un environnement urbain, les musiques punk et rock ont nourri leur jeunesse. Un mode de vie, autant qu’un travail artistique, où sont convoqués le corps, la performance, le cinéma expérimental, la vidéo, le dessin, la photographie, le collage, l’écriture, et de façon primordiale la musique et la peinture. Pour Steven Parrino, l’existence a tourné court sur une route défoncée de Green Point, la nuit du 1er janvier 2005. Musique, peinture et moto étaient au cœur de son œuvre. En art, la lucidité devant la réalité a remplacé le réalisme. Ou plutôt, comme il l’a écrit : « Le réalisme a ainsi été redéfini depuis Courbet : il ne s’agit plus de représenter la réalité d’un moment mais de donner corps à un objet, dans le monde réel et dans un temps réel ». Il part du principe que l’artiste est un miroir du monde, et que le monde tombe en morceaux.

Olivier Mosset Sans titre, 1969, collection FRAC Bourgogne

Né en 1933 à Berne, Olivier Mosset vit et travaille actuellement à Tucson, Arizona. Membre du groupe BMTP en 1966 avec Buren, Toroni et Parmentier, il s’installe à New York en 1977. Les œuvres de Mosset, qui se dit lui-même peintre avant d’être artiste, s’appuient sur un principe de neutralité, de radicalité et d’effacement qui interroge constamment les limites, déconstruire la peinture pour en dire, à l’exemple de Paul Cézanne, la « vérité ». En des termes en apparence seulement réducteurs, il définit la peinture comme « de la couleur appliquée sur une toile ». Cependant il ajoute que si, dans sa peinture, « il n’y a pas quelque chose de plus profond, au-delà de ce qui est là », « le fait que ce soit là, c’est peut-être bien déjà « non objectif » ». Une peinture est un objet, mais, à la différence des autres objets, elle a une seule fonction, qui est de provoquer chez le spectateur une réaction spécifique : « En dernière analyse », dit O. Mosset, « c’est dans les yeux du spectateur qu’est l’ »art »… ce sont les autres qui font l’œuvre ».

Bernard Aubertin Zerotique n°2, 1984, collection FRAC Bourgogne

Après s’être refusé à suivre des études dans une école d’art, Bernard Aubertin fait en 1957 la rencontre d’Yves Klein, qui sera capitale pour lui. Il réalise dans la foulée ses premiers monochromes rouges structurés par des touches épaisses, réalisées au couteau ou à l’aide d’autres instruments. En 1960, il découvre que cette structure peut être rendue avec des clous, présentés têtes ou pointes en haut. Suivront la vis, le piton et les allumettes et, de ces dernières, naîtront en 1961 les Tableaux-feu. Cette même année, il rejoint le groupe Zéro (Otto Piene, Heinz Mack, Günther Uecker) de Dusseldorf. Les recherches du groupe prennent en compte l’espace, la science, les nouveaux matériaux, la technologie. Mais surtout une commune méfiance à l’égard du langage réunit ces artistes. « L’art, dira Bernard Aubertin, n’est pas expression mais connaissance, on n’a pas quelque chose à dire, on peut seulement être ». La mono-chromie veut annuler le geste subjectif au profit de la manifestation d’un pur espace et d’une énergie vitale anonymes. Le Tableau-clou, monochrome rouge de 1984, n’est en rien différent des tableaux semblables réalisés dans les années soixante-dix. Dans un courrier adressé au Frac, l’artiste nomme son tableau Zérotique ; il manifeste ainsi la permanence de sa démarche, en donnant à ce tableau de 1980 une dénomination tirée de celle du groupe auquel il a appartenu à partir de 1961. Le motif de la planche à clous – leurs pointes ne sont-elles pas tournées de façon quelque peu agressive, vers le spectateur ? – est ici subverti au profit de la peinture ; par leur nombre, les clous font une texture et la couleur rouge unifiante finit d’opérer la transmutation de l’objet.

Nadine Monnin

Nadine Monnin utilise la photographie, le dessin, la peinture, s’appuie sur des actions (triturer, strier, saturer, peler…), jongle avec des figures-portraits, des cimetières ou des rings bref des lieux-corps. Elle développe un travail en creux, d’un apparent silence constitué en fait d’une vitalité sauvage.

Fabien Lédé

Fabien Lédé est un artiste amoureux ! Il travaille sur petit ou grand format papier, à l’encre, aux stylos et feutres de couleurs, ce qui lui permet de tracer des traits très minutieux. Des tableaux jaillissent alors des tourbillons de couleurs qui nous entraînent sur les chemins de la rencontre et de la passion. « Je tente d’exprimer mon passage, de le rendre visible et palpable. Je participe, collabore et aide ; j’offre et on m’offre tout au long de ces errances rêvées, de ces voies engageantes et désirées… »

BARBATRUC en quelques mots

Barbatruc, est une association loi 1901 crée en 1997 « dans le but de promouvoir et développer la création contemporaine et de susciter auprès du public des pratiques artistiques et culturelles. » (article 2 des statuts). Elle a notamment organisé un cycle de 7 expositions « Parcours de femmes, parcours d’art contemporain à Longvic » (FSE 10b) réunissant 13 artistes de la région Bourgogne qui ont donné lieu à des résidences, atelier de pratiques et édition de catalogue. Par ailleurs l’association mène des actions de sensibilisation et de pratiques artistiques auprès de publics enfants, jeunes ou adultes soit dans ses locaux au sein de son espace pédagogique, « L’atelier Bleu comme une Orange », soit à l’extérieur, encadrées par des plasticiens professionnels, diplômés de l’école des Beaux Arts de Dijon. Elle est financée au titre du fonctionnement par la ville de Longvic.